BALSCHWILLER

Eglise Saint Morand

A l’origine BALSCHWILLER faisait partie de la paroisse de GILDWILLER dont le sanctuaire placé au haut de la colline sacrée, avait été l’église-mère des villages situés au pied de la colline.

Au cours des siècles, vers l’année 1100, BALSCHWILLER eut une église qui servit également aux fidèles d’UEBERKUMEN. D’après une vieille tradition, Saint-Morand, apôtre du Sundgau et prieur d’un petit prieuré clunisien près d’Altkirch, visitait toujours cette première église lors de son pèlerinage à l’église Notre-Dame de GILDWILLER.

Avant l’année 1200, BALSCHWILLER avait deux églises, l’une était placée au « Niederdorf » près de la cour colongère de MASEVAUX, l’autre, sans doute érigée par les comtes de FERRETTE et destinée aux fidèles de la cour colongère seigneuriale, s’élevait dans « l’ Oberdorf »  (haut village).

 D’après  « la chronique de THANN », les deux églises auraient été détruites par des mercenaires anglais autour de 1375 mais auraient été reconstruites. Celle du « Niederdorf » devint une chapelle, l’autre par contre, une église Saint-Etienne, vocable de l’église précédente. Elle s’élevait d’ailleurs au même endroit que jadis et était entourée du cimetière.

 

17ème siècle

Au début du 17ème siècle, le Sundgau connut une épidémie parmi le bétail (en 1615), épidémie qui explique  la fondation d’une confrérie St-Sébastien dans notre paroisse au cours de cette année durant laquelle s’ouvrit la Guerre de Trente Ans (1618-1648), première guerre européenne de l’Histoire. 

La paroisse de BALSCHWILLER-UEBERKUMEN faisait, comme toute la Haute Alsace, partie du diocèse de Bâle jusqu’en 1790. Elle figurait sous le chapitre rural du Sundgau dont le centre religieux était l’église d’AMMERTZWILLER, le village avoisinant. L’église Saint-Etienne de BALSCHWILLER était dotée d’une chapellerie St-Jean-Baptiste fondée par les nobles de BALSCHWILLER et la famille de LICHTENFELS qui habitaient le château ; elle fut desservie par un chapelain. Tous les paroissiens furent membres de la Confrérie de Saint-Sébastien déjà citée plus haut, ils devaient visiter et aider les malades et les pauvres. Cette confrérie profitait des dons pour prêter de l’argent aux membres nécessiteux et pour soutenir l’administration de l’église.

 

Pendant la révolution

Pendant la Révolution, le curé WELTERLIN, originaire de HEIMSBRUNN, ne signa pas la Constitution civile du clergé et émigra en Suisse ; la messe fut administrée par un prêtre jureur, le curé SCHAUMAS, qui n’eut pas beaucoup de succès parmi les fidèles et qui dénonça les prêtres dits réfractaires et les fidèles qui les protégeaient. Le curé WELTERLIN  rentra à BALSCHWILLER en 1800 mais se retira trois ans après dans son village natal. Après la mort de Monseigneur SAURINE,  évêque de STRASBOURG, il reprit ses fonctions de curé à BURNHAUPT-LE-BAS puis à BALSCHWILLER  où il fit reconstruire la chapelle St-Nicolas. Il resta jusqu’en 1827 à BALSCHWILLER puis se retira définitivement à HEIMSBRUNN.

 

1846/1849 

Entre 1846 et 1849, le curé de Balschwiller Joseph RUST, fait construire l’église de Balschwiller qui sera détruite le 21 juin 1915 pendant les bombardements de la première guerre mondiale. C’est à cette époque, que le curé RUST demanda le changement du vocable de l’église pour des raisons pratiques : les églises de BALSCHWILLER, BUETHWILLER et d’AMMERTZWILLER étaient en effet toutes des églises St-Etienne. Il  proposa le vocable de St-Morand et  l’église fut consacrée à l’apôtre du Sundgau (avec celle de Steinbach, l’unique en Alsace) par Monseigneur RAESS, évêque de STRASBOURG.

Par sa simplicité, sa bonté, sa piété et son zèle, le curé RUST qui n’avait administré qu’une seule paroisse, celle de BALSCHWILLER, jouit de l’estime de tous ceux qui l’avaient connu. Il  décéda en 1866 et repose au cimetière de sa paroisse.

 

Guerre de 1870/1871

La guerre de 1870-71 ne toucha heureusement pas notre village. La statue de la Vierge à UEBERKUMEN rappelle cette année tragique, durant laquelle notre commune eut de nombreux cantonnements lors du siège de BELFORT en hiver 1870-71.

 

Première guerre mondiale

En revanche, la première guerre mondiale s’abattit sur notre région. : BALSCHWILLER et UEBERKUMEN furent occupés définitivement par les troupes françaises au mois de septembre 1914. Le front passait  par la route de BURNHAUPT : les deux villages étaient donc situés à proximité immédiate des tranchées et formaient une importante position stratégique dans cette partie du front du Sundgau. Ils subirent  de nombreux bombardements d’artillerie surtout en 1914, en 1915 et en 1916. La population fut évacuée dans la région de MONTREUX-VIEUX. La reconstruction dura plusieurs années : l’église paroissiale fut reconstruite, ce qui ne fut pas le cas pour la chapelle St-Nicolas.  

 

Seconde guerre mondiale

La seconde guerre mondiale ne fera pas trop de dégâts. Lors de la libération du village, des maisons, le clocher et la cure furent endommagés et cinq granges furent incendiées par le feu d’artillerie le 27 novembre 1944.

 

Aujourd’hui

L’église actuelle de Balschwiller ressemble à celle détruite en 1915. Elle a gardé son portail néo-classique, mais malheureusement, elle a perdu en 1915 les statues du 15ème siècle et des reliefs en bois représentant la vie de St-Etienne. Seules quatre statues gothiques ont été sauvées. Une sculpture en pierre fut encastrée dans le mur du cimetière où l’on voit également une chapelle du Mont des Oliviers qui remplace un ossuaire. L’autel principal est embelli par un tableau de « Saint Morand », un autel latéral, par celui de « Saint Sébastien » ; les deux réalisés par René Kuder artiste peintre très renommé.

 

 

 

Sources : « Balschwiller-Ueberkumen »

 de J.L. Gschwind. aux Editions Coprur